Betancourt et Bettencourt
Le climat qui règne dans les médias et ici, sur la toile, inspire toutes sortes de rumeurs, d'hystérie collective (lisez donc la chronique du jour de Schneidermann dans le "Libération du jour".
Ainsi, le web, invention géniale autrefois appelée "autoroute de l'information" peut être aussi un formidable outil de... désinformation.
Logique, puisque tout le monde, toi, moi, nous, vous et les autres, peut balancer n'importe quelle pseudo-information, calomnier, diffamer, lyncher.
J'étais perplexe en lisant dans ce JDI, hier, des commentaires concernant Ingrid Betancourt, l'otage des "farc" dont on apprend que l'état de santé est alarmant et que si rien n'est fait il faut s'attendre à une issue fatale.
Notre "humanité" nous aurait-elle quitté à ce point que l'aspect du drame qui intéresse quelques uns, ici, est la beauté adolescente et "affriolante" de ce garçon, fils d'Ingrid, qui vit un drame épouvantable ?
L'indécence, le manque de retenue, le sarcasme sont ainsi devenus monnaie courante, révélant ici comme ailleurs, le "côté obscur" de la toile.
Le summum de la bêtise crasse est atteint quand un commentaire pose "innocemment", bien sûr, la question (je cite de mémoire) : "elle est pas de la famille Loreal ?"
C'est aussi ça, le "web" : on balance sans s'être informé, sans avoir vérifié, et il y aura toujours des internautes pour gober n'importe quoi, le venin parvenant toujours à s'instiller dans les cerveaux les plus fragiles.
Curieux paradoxe : la toile peut rendre plus cultivé mais aussi rendre encore plus con.
La chronique de D. Schneidermann : [www]