28/02/2007
Après le "Théâtre de l'Oeuvre", c'est le "Théâtre de Paris" dirigé par Stéphane Hillel qui accueille, jusqu'au 1er avril, la pièce d'Harold Pinter.
Merveilleuse soirée que celle d'hier où la performance de Robert Hirsch, présent sur scène du début à la fin, soit pendant près de deux heures, m'a subjugué.
Le "vieux" comédien, vif, habité, torve, trouve ici un texte à sa démesure, en clodo baroque qui fait parfois penser au "Boudu" de Jean Renoir.
Une énergie de chaque instant, jamais de cabotinage, une écoute permanente, une disponibilité, un talent "monstrueux" qui porte ses partenaires jusqu'à ses sommets :
Samuel Labarthe, impressionnant dans un rôle ingrat, semble échappé de "Vol au dessus d'un nid de coucou".
Cyrille Thouvenin qui ne se contente surtout pas d'être jeune et beau, devenu icône gay parce qu'il a joué dans "Juste une question d'amour" et "La confusion des genres", donne à son personnage une vraie profondeur, occupant l'espace d'une fougue dévastatrice.
Trois comédiens en état de grâce au service d'un texte sans concessions, mis en scène avec efficacité par un Didier Long très inspiré.
Décor unique sans chichi comme c'est souvent le cas dans ce (beau) théâtre, au service de la pièce et d'elle seule.
25/02/2007VIVE LA SOCIAL-ECONOMIE
Je ne dépenserai que 20 Milliards, mais je multiplierai les emplois comme des petits pains.
(Saint François Nini - 2007 après JC)
Zimage (pieuse) extraite du "Roi des rois" de Nick Ray qui reste un "sacré" bon film.
Et puis, Jeffrey Hunter ... !
Mondanités : un Bayrou sinon tout.
La "démocratie chrétienne" à la française, héritière du Mrp d'Antoine Pinay et du "centre démocrate" de Jean Lecanuet (son "père spirituel", sans doute "oublié" aujourd'hui) est représentée dans le débat actuel par l'ineffable F.Bayrou qui a su, en quelques mois, se composer une image de candidat consensuel, ni de droite ni de gauche.
Quant on regarde l'historique du monsieur, ex-ministre de Balladur, trop trouillard pour faire la moindre réforme au ministère de l'éducation, puis soutien sans faille au gouvernement de Raffarin et, tournant casaque lors du CPE pour voter la censure avec le PS (mon Dieu, vous rendez vous compte, ma soeur ?) dans la perspective évidente de l'élection présidentielle qui pointait à l'horizon, on a le droit de s'apitoyer sans aucune méchanceté pour ceux qui, au détour des dîners en ville, tels Saint Paul sur le chemin de Damas, ont eu la révélation divine de l'homme qui a vu l'homme ...
On versera une larme de compassion ou on se fendra la gueule : comment des citoyens apparemment en pleine possession de leurs moyens peuvent-ils tomber dans ce panneau ?
Entre une gauche qui se veut progressiste et la droite très à droite de Sarkozy, Bayrou (-flaquettes, j'ai pas pu résister) est LE candidat conservateur.
On dépensera rien : normal, on va rien bouger !
Le pire, c'est qu'on retrouve, dans cet électorat qui a perdu sa boussole, les mêmes qui, en 2002 ont choisi leur candidat de premier tour comme on choisit son café dans les rayons de Carrefour (le centre est toujours au carrefour, d'ailleurs).
Nonobstant que nos nouveaux centristes, mêlant leurs voix à la "droite modérée" d'obédience catholique, ne veulent pas comprendre que Le Pen est, comme toujours, sous-estimé par les sondages, ils feignent de croire le discours "union nationale" du candidat de l'udéèffe.
DSK (ouais, "j'le prendrai volontiers comme premier minisse") ayant décidé, avec Jospin et d'autres, de s'investir enfin vraiment dans la campagne de Mme Royal, on peut se demander, le monsieur une fois élu, avec qui il gouvernerait.
Nos amis égarés dans le marigot bayrouiste savent pertinemment, ou peut être pas, que :
- entre les deux tours, qu'il soit 3ème ou, plus probable, 4ème, ce bon Monsieur François ne donnera pas de consigne de vote.
- que les députés de son groupe ont été élus avec le soutien de l'uèmepé, et que, s'il déconne, la même uèmepé leur mettra des candidats dans les roues.
Oui, mais voilà, ils n'aiment pas la voix de Ségolène, ou ses tailleurs, ou sa façon de marcher.
Ou ils "pensent" (tu parles : la propagande médiatique l'a tambouriné !) qu'elle est incompétente.
Enfin, sans doute moins compétente qu'un mec.
Le hic, c'est qu'elle va tous les n....r ! DIGNE
"Madame Royal, elle a bien de la chance de vous avoir."
(Richard Bohringer, que la rumeur dit attiré par Bayrou, hier soir à la télévision.) 24/02/2007RIRE A GORGE DEPLOYEECe lieu a vécu une belle cure de rajeunissement : le "Caveau de la République" est centenaire, et c'est là qu'ont fait leurs premières armes les humoristes qui tiennent aujourd'hui le haut du pavé (dernièrement, Laurent Ruquier, Stéphane Guillon, Christophe Alévêque, Karine Lyachenko, etc.).
Chaque soir, 6 artistes à l'humour dévastateur.
Titre du spectacle actuel : "Sarko Iznogoud" (mais les autres sont bien servis aussi !).
La politique ne représente qu'un partie du spectacle : il y en a pour tous les goûts.
L'endroit est "gay friendly" : le pianiste-animateur l'est ... énormément.
Vous pouvez me contacter pour des réducs : j'y ai mes entrées.
EPIDEMIE DE MST SUR GAParcourant les articles d'hier, je constate la mise en ligne de photo-montages émanant de gays de droite (de masochistes, donc, plaisantè-je, quoique...) inondant ga d'interventions prétendûment humoristiques qui font penser aux caricatures de la presse d'extrême droite des années noires.
La tactique (stratégie ?) consiste à être "Présent" partout, et notamment sur les sites de la presse (rare) "de gauche".
La baisse attendue dans les sondages du candidat sortant (vous avez remarqué qu'il n'y avait pas de publication de sondage depuis mardi, alors que nous avions droit à un sondage quotidien ces dernières semaines ?) semble expliquer cette floraison de posts nauséabonds.
Enfin, je constate avec amusement que les bloggueurs de droite (le spirituel "blenoragix", comme son nom l'indique) révèlent leur conception de la démocratie en "blacklistant" systématiquement ceux qui ne pensent pas comme eux.
Ca fait froid dans le dos si leur candidat est élu, ce qui apparaît (enfin) de moins en moins probable.
Dans mon espace, ils peuvent venir déverser leur bile s'ils le désirent : ça donnera une idée hautement instructive du niveau où ils placent le débat républicain.
On peut aussi, évidemment, soutenir mes propos.
Une petite bouffée d'oxygène ne fait pas de mal.
16/02/2007CAFOUILLAGESGros cafouillage à l'UMP sur le financement du "programme" du "candidat sortant" comme l'appelle Bertrand.
D'après vous, est-ce-que ça fera la une des journaux tv ce soir ? 15/02/2007Je n'ai pas aimé "La môme"Bouleversant, pathétique, grandiose…
Le film est annoncé comme tel par les médias, et on aimerait tant qu’il en soit ainsi parce que, enfin, on consacre un vrai film (oublions le naufrage « Edith et Marcel » de Lelouch), à celle qui fut sans conteste la plus grande chanteuse française du siècle déjà dernier.
Même Libération, d’ordinaire plus féroce avec ce genre de « produit » trouve le film « pas mal ».
Le réalisateur Olivier Dahan (non, ce n’est pas le frère de l’imitateur à l’affiche effarante de misogynie) s’est visiblement inspiré du bouquin (je ne dis pas « livre ») de Simone, demi-sœur de Piaf.
Lequel bouquin, en son temps, déclencha un véritable tollé et un procès en légitimité (était elle vraiment apparentée à Piaf ?).
Si le but du film est de faire connaître Piaf aux jeunes générations (qu’on flatte ici à coups d’effets clipesques et de 5.1 « enveloppant à souhait », c’est raté : on n’apprend pas grand-chose sur ce mythe de la chanson française, si ce n’est que l’amour de sa vie fut le boxeur Marcel Cerdan.
On n’apprendra pas, si on le sait déjà, que la « môme » fut une croqueuse d’homme, perpétuellement passionnée, ayant besoin d’amour comme d’oxygène.
On ne saura pas le rôle important qu’ont tenu dans sa vie des gens comme Montand et Aznavour dont elle fut le pygmalion.
La narration à coups de flash-back incessants nous promène dans la vie de la môme, d’Edith, de la môme, de Piaf, de la petite, etc.
Si bien, qu’un « profane » sortira de la séance totalement déboussolé.
Il aura, certes, assisté à un beau numéro d’actrice, Marion Cotillard jouant Piaf avec une admirable implication qui lui vaudra sans aucun doute un Cesar lors de la cérémonie 2008 ;
De méchantes langues pourront dire aussi que c’est surtout le travail du maquilleur qui devrait être couronné.
Je n’irai pas jusque là : la Cotillard (ce n’est pas péjoratif, au contraire) nous fait croire à son personnage la plupart du temps, à l’exception près qu’on est quelque peu stupéfait de lui voir prendre la voix … d’Arletty !
Quant au « filmage » en lui-même, il se veut donc « moderne » mais sans rien qui puisse heurter les très nombreux spectateurs attendus, coco, avec de belles zimages qui font penser vraiment, dans les scènes « enfance », au laborieux « Oliver Twist » de Polanski.
Montage incohérent, fondus au noir pour tirer à la ligne, et comme je l’ai dit flash-back incessants (une chatte n’y retrouverai pas ses petits), irruption en fin de film d’une histoire douloureuse (je ne « spoile » point !) bâclée en 2’ alors qu’elle pourrait expliquer beaucoup de choses sur cette personnalité …
Enfin, qui éprouvera de la sympathie pour cette femme capricieuse, voire tyrannique, comme on nous la dépeint ?
Quant aux chansons, elles sont pour la plupart tronquées (faut aller vite, coco, faut faire un max de séances) en un salmigondis où l’on ne sait plus qui chante, de Piaf elle-même où de la chanteuse, au nom tout petit au générique si on a la politesse normale d’attendre un peu avant de se ruer sur son paquet de clopes.
La musique originale, bruyamment « mode », n’étant en fait qu’arrangements sur les couplets de « Mon légionnaire » et autres succès de la « vedette » comme on disait alors.
A l’arrivée, « La môme » est un beau film raté, pas un navet, certes, mais pas un grand film.
« Formaté » pour, visiblement, séduire un public international, le film ne devrait pas dépasser nos frontières.
14/02/200713/02/2007Dédramatisons :
Indulgence requise : je viens de me lancer dans la blogaysphère.
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